Comme le héros des contes, le boxeur traverse des épreuves physiques et mentales, affrontant douleur, doute et fatigue. Le projet de Lenny Argentin explore le parcours d’un boxeur dans sa quête de gloire, et sous son regard se dessinent des histoires de luttes, de sacrifices et de triomphes : l’attirail devient armure, l’entraînement quête de dépassement de soi et le combat conquête personnelle du chevalier.
Projet photographique BTS Photographie 2025
Épreuve phare de l’examen du BTS Photo, le Projet Photographique – communément appelé "PP" – consiste en la réalisation d’un dossier d’une vingtaine de planches sur un thème imposé au niveau national. Les étudiants définissent leur approche personnelle tout en répondant à un cahier des charges strict. Ce travail personnel de longue haleine débute dès la rentrée de septembre et s’étale sur l’ensemble de la deuxième année de la conception à la réalisation des images. En juin, les candidats à l'examen présentent les images réalisées face à un jury lors d’un oral au cours duquel ils défendent leur projet.
En 2025, le thème était "Il était une fois…". Vous trouverez sur cette page une sélection d’images des étudiants ainsi qu’un descriptif sommaire de la problématique abordée par chacun.
Bien connue dans l’imaginaire collectif, l’expression "Il était une fois…" introduit généralement le conte merveilleux, ce récit imaginaire marqué par ses éléments surnaturels ou féériques, mais aussi son univers onirique, magique, parfois inquiétant. Avec notamment les mythes antiques puis les célèbres contes des « Mille et une nuits », le conte appartient d’abord à la tradition de la littérature orale, l’une des plus anciennes connues à ce jour. Il poursuit ensuite sa trajectoire à l’écrit, avec les contes de Perrault, des frères Grimm ou d’Andersen, et traverse les époques jusqu’à aujourd’hui avec les films Disney.
Les étudiants de BTS photographie ont interrogé le genre du conte sous toutes ses coutures. Ils en ont repris et détourné les codes, les symboles, les personnages, ou ont construit de toutes pièces leurs récits merveilleux, afin de questionner, à travers des univers oniriques, les enjeux du monde contemporain.
« Univers enchanté, réalité troublée » – Estelle BAUDUIN
Il était une fois… l’adolescence. Ce passage obligatoire dans la vie de chaque petite fille est bien souvent influencé par une représentation stéréotypée des femmes dans les objets culturels. Estelle Bauduin interroge la place des femmes dans les contes, en particulier ceux de Walt Disney, et tente de briser leur façade féérique afin de révéler au grand jour la réalité des des princesses de notre enfance.
« Robin des Bois modernes » – Nolan BOULIN-WALTER
Originaire de la cité Mouloudji à Choisy-Le-Roi, Nolan Boulin-Walter est témoin au quotidien des élans de solidarité qui émergent au cœur d’une réalité précaire. Son projet photographique prend à contrepied notre vision stéréotypée des quartiers populaires, en documentant le travail accompli par une structure d’aide locale, ces « Robin des Bois modernes », pour soutenir les familles, les jeunes ou les personnes âgées dans le besoin.
« Du Déguisement à l’identité » – Lucas DABADIE
Dans les contes, le vêtement joue un rôle clé : il marque les transformations, identifie les héros, se mue au gré de leurs métamorphoses. Chaque tenue devient ainsi un outil de narration et un marqueur de singularité. Dans ses mises en scène, Lucas Dabadie dépouille les modèles des vêtements qui les distinguent, afin de questionner la dualité entre l’image que l’on projette et l’identité profonde.
« Un Monde à révéler » – Cyrielle DAGNEAUD
Que seraient les contes sans les artistes qui les racontent et les font vivre auprès du public, siècle après siècle ? Dans un reportage mêlant couleur et noir et blanc, Cyrielle Dagneaud met en lumière les visages et les voix qui, des coulisses à la scène de La Maison du Conte de Chevilly-Larue, continuent à faire vibrer l’imaginaire collectif.
« La Métamorphose » – Manon DIETZ
Manon Dietz construit un monde onirique, à la croisée du conte de fées et de la dystopie, dans un projet mêlant autoportrait, mise en scène et reportage. Les trois univers se croisent et se confondent jusqu’à créer un récit merveilleux : celui d’une jeune femme qui se métamorphose pour échapper à un monde devenu anxiogène…
« De l’autre côté de la page » – Eloïse DUPONT
Les contes merveilleux dépeignent les monstres comme des personnages malveillants, inspirant la peur, le dégoût ou le mépris. Mais comment ces représentations se retranscrivent-elles dans le monde réel ? De la sorcière au grand méchant loup, Eloïse Dupont établit un parallèle entre les monstres des récits et les métiers de notre monde contemporain.
« Les Contes de la forêt de Fontainebleau » – Anatole DURAND
La forêt est un motif récurrent des contes. Elle inspire pour ses ambiances féériques, mystérieuses ou même horrifiques, qui en font un espace privilégié des récits merveilleux. Pour son projet, Anatole Durand est parti à la rencontre des paysages de la forêt de Fontainebleau, décors de légendes telles que « Le grand Veneur » ou « La Mare aux fées », et des artistes qui la racontent : photographe animalier, peintre, flûtiste.
« La Malédiction de la force éternelle » – Eldrine ELPHENOR
En établissant un lien entre les bodybuilders et les statues de la Grèce antique, Eldrine Elphénor interroge la quête de la perfection physique, de l’idéal mystique à l’archétype moderne. Ses photographies mettent en avant un paradoxe contemporain : celui d’un idéal vendu sous forme de produit, entre promesse de métamorphose et dépendance à l’apparence.
« Coy et Leti » – Lidia Emami ESTRADER NADAL
À travers des mises en scène, des portraits et du reportage, Lidia Emami Estrader Nadal reprend les codes du conte afin de dévoiler le surnaturel dans le réel. Elle crée ainsi des personnages et une ville imaginaires, et compose de toutes pièces son propre récit, « Coy et Leti », qui retrace le parcours de deux enfants dans la ville fictive de Falcone : une histoire d’amitié dans une atmosphère sombre et mystérieuse…
« De la tradition à la métamorphose » – Sakina FADJELEABAS
Entre natures mortes et portraits, Sakina Fadjeleabas se sert de détails représentatifs des films d’animation Disney pour transposer les princesses de son enfance dans le monde moderne. À travers son regard, Blanche-Neige, Raiponce ou Belle deviennent des personnages de la vie de tous les jours : des femmes au style affirmé, que l’on croise au quotidien dans les rues ou sur les réseaux sociaux.
« Entre Rêve et consommation » – Alina FERREIRA DO AMARAL
Figures emblématiques de l’enfance et de l’imaginaire collectif, les princesses ont toujours été des symboles de rêve, d’élégance et de magie. Mais aujourd’hui, elles dépassent le cadre des contes pour devenir des objets marketing omniprésents. Alina Ferreira Do Amaral explore comment des personnages autrefois idéalisés, sont devenus des produits façonnés par les industries du luxe et de la consommation de masse.
« La Métamorphose du Chaperon » – Lélia GABELUS
Lélia Gabelus propose une réinterprétation du « Petit Chaperon rouge » sous un prisme contemporain. À travers le parcours d’émancipation d’une jeune femme en trois étapes – l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte – le conte interroge la façon dont les femmes s’affranchissent du regard masculin au cours de leur vie et devient une trame symbolique, un support à une lecture critique et féministe du réel.
« Rayan » – Thomas GAMERDINGER
Avec son projet « Rayan », Thomas Gamerdinger a choisi de transposer la structure narrative du conte dans l’univers du sport automobile, en suivant l’histoire d’un jeune pilote de karting. Entre portraits, reportage et packshots, il propose une vision contemporaine du récit merveilleux, où le protagoniste incarne tantôt un enfant qui rêve de grandeur, tantôt un héros qui dépasse l’ordinaire et transcende ses propres limites.
« La Sirène d’alarme » – Audrey LAIZEAU
Dans la mythologie grecque, les sirènes se donnent la mort lorsqu’elles échouent à séduire les marins. C’est à partir de ce constat tragique et souvent méconnu du public qu’Audrey Laizeau a construit son projet. Elle y reprend la figure mythique de la sirène pour représenter de manière métaphorique les troubles psychologiques qui touchent un nombre croissant de jeunes dans la société contemporaine, tels que la dépression et l’anxiété.
« Petits Poucets de nos jours » – Yordan LANGOUET
Relecture contemporaine du « Petit Poucet », ce projet photographique révèle des personnages actuels confrontés à des « ogres » contemporains : précarisation, surcharge mentale ou doute du lendemain. Yordan Langouet propose ainsi, à travers une série de mises en scène et de reportages, une exploration de la confusion, de la désorientation intérieure et du questionnement de soi, dans un monde où l’ingéniosité et la volonté ne suffisent plus toujours à survivre.
« Les Amulettes » – Lenny MARTEL
Bottes de sept lieues, lampe de génie, baguette magique… Impossible de ne pas avoir déjà croisé dans les contes ces objets enchantés qui protègent les personnages et leur permettent d’avancer dans l’histoire. Dans ce documentaire, Lenny Martel part à la recherche des talismans d’aujourd’hui et interroge la présence de ces objets magiques, à une époque marquée par les progrès de la science et de la médecine.
« Un Conte forestier » – Antoine MIALON
Lieu privilégié des récits merveilleux, la forêt est aussi un espace menacé par la déforestation et les activités humaines. Toutefois, des organismes tels que l’ONF jouent un rôle essentiel dans leur survie. En s’inspirant du personnage du bûcheron, souvent associé à des valeurs protectrices et rassurantes dans les contes, Antoine Mialon propose un projet entre reportage et mises en scène autour de la forêt de Fontainebleau et de ceux qui la préservent.
« Sur la trace des contes » – Margaux REIGNER
À travers son projet photographique en triptyque, Margaux Reigner cherche à recréer l’atmosphère des contes de Walt Disney. Objets et décors emblématiques, tenues représentatives de nos personnages favoris… elle s’est attardée sur les moindres détails pour redessiner les récits de son enfance et tenter de répondre à la question : comment l’émerveillement des contes façonne-t-il notre perception du monde ?
« In Our Subconscious » – Ulysse RICHARD
Ulysse Richard explore le lien entre subconscient et réalité, en prenant pour point de départ l’une des ambitions premières du conte : celle de nous faire rêver. Avec une démarche plastique et surréaliste, il crée des personnages, des situations, des espaces à la fois oniriques et inquiétants, afin d’illustrer la frontière floue qui sépare le monde réel de celui de l’imaginaire et des rêves…
